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05.05.2008
Celui où elle parle aux Canadiens
Bonjour les amis Canadiens ! Cette chronique vous sera dédiée aujourd’hui, au nom de la francophonie.

Moi, j’aime bien les Canadiens.
Tout d’abord, vous avez des Ambassades géniales, qui organisent, un vendredi sur deux, un barbecue dont les bénéfices sont reversés pour la lutte contre le cancer.
Et le barbecue est fabuleux. Quand tu vis en Caraibie et que tu ne manges que du poulet, les hamburgers canadiens sont aussi attendus que Santa Claus.
Et au Polar Bar, because que c’est comme ça qu’on l’appelle, on retrouve tous les amis des Ambassades.
Les enfants se baignent dans la piscine, et tu déconnes bien quand meme, c’est pas parce que tu dines à l’Ambassade que tu peux pas raconter des conneries.

Par contre, vous avez du mal à nous croire quand on dit qu’on y travaille, nous, en Caraibie.
Il est vrai que certains ne foutent pas grand-chose, mais quelques couillons fonctionnent au 9h-20h…
Pour info, j’ai également fait partie des couillons qui ont voté pour Prodi. Si tu as un peu de culture, tu fais le rapprochement (et tu te dénonces dans les commentaires, pour qu’on s’épouse).

Phillip, un ami du Québec, ne me croyait tellement pas qu’il téléphonait sur mon portable en plein après midi, alors que j’agonisais devant un reporting sur Excel…
- J’travaille, je range des chiffres dans l’ordre…
- Enh ouéé ? Ben moué je suis à la p’scinn’, j’patiente pour ma piña colada leu. Sont pas tt’très véloces, hein.
- Oui, je sais mais c’est pas facile pour eux. Pis tu t’en fous t’es en slip en train de cramer. Moi je construis des budgets, pendant ce temps.
- Enh ouéé ? Mais t’travaille vv’raiment leu ? T’es déboulonnée, hein ? T’peux pas bosser ici leu.
- Ben si, tu vois. Bon, je passe te voir à ton hotel en sortant du bureau, là je dois m’y remettre et Boss me fait de grands signes.
- Enh ouéé ? Mais tu finis tantôt ?
- Si je raccroche maintenant, ce sera vers 7h30 PM, si je continue à bavarder, ce sera vers 9h PM
- Enh ouée ? bon de tt’oute façon, ma Piña Colada s’approche, alors j’te laisse, hein.
- Tuut Tuut Tuut
Et Boss qui en rajoute : « Miguel m’a envoyé un mail. J’te le transfère, j’ai remarqué que t’étais bonne pour l’envoyer chier poliment. »
Quand je suis allée retrouver Phillip (non, y a pas de e à la fin) à son hotel, il était tout cramé. Limite, c’est moi qui passais pour une touriste, et lui pour mon Gigolo.
Phillip, comme beaucoup de Canadiens, s’émerveille facilement.

Les vieilles voitures, les bus rafistolés, les chiens moches… il a tout photographié en disant « R’garde, c’est délire çaa ! ».
Jusqu’au jour où il a voulu photographier un travesti-pute. Elles n’aiment pas ça.
Phillip, pour combler son quota de bétises, est allé lui parler ; dans un espagnol-québécois-anglais que lui seul comprenait :
- Buenas Nuit, comment que te llamas ?
- Ééééé ?
- Your name ? hombre ?
- Éééééé ? Oye paiaso de mierda, que tu quieres ?
Tu comprends que Phillip a mélangé « nombre » qui veut dire nom ; et « hombre » qui veut dire homme.
Et c’était pas le moment de confondre, devant une madame qui est née monsieur…
Je l’ai attrapé par le coude, l’ai excusé auprès de la dame-ex-monsieur, et lui ai interdit de parler avec les indigènes.

Il y a aussi un truc marrant chez les canadiens, c’est que dans les hotels tout inclus, ils ne prennent pas les gobelets en plastique qu’on s’escrime à faire acheter par le ministère du tourisme.
Réclameraient-ils du café ? Sot, Starbucks c’est dans le pays du Mal, uniquement.
Non, c’est avec un thermos de bière qu’ils repartent généralement vers leur transat.
Parfois, ils demandent une piña ou un mojito dedans, et le pauvre barman doit leur expliquer combien il est compliqué de faire passer un mélange dense / des brins de menthe là dedans.
Mais on les aime bien, car ils sont propres et gentils, et exportent de la bonne mayonnaise. Et des cornichons, et de la sauce pour hot-dogs (quoi, c’est pas hype ?), et du kiri, et des gateaux…
Clôturons, Lecteurs, Lectrices, sur l’hymne Canadien, parce qu’en Amérique du Nord, il n’y a pas que l’Oncle Sam, mais des gens bien, aussi…
O Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux!
Car ton bras sait porter l'épée,
Il sait porter la croix!
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protégera nos foyers et nos droits.
Protégera nos foyers et nos droits.
09:45 Publié dans Petite Cervoise en voyage | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : canada, caraibes, carribean, thermos, thermos de bière, cours d'espagnol, ambassade du canada










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Commentaires
Ca ne devait pas etre facile de bosser dans ces conditions... finalement mes 9 m2 de bureau à Nanterre, ça va.
Ecrit par : Gary | 05.05.2008
a l'école j'avais une correspondante candienne et c'etait toujours aussi marrant de recevoir ses lettres!! et sinon bosser dans les caraibes ce n'est pas trop dur :)?
trop fort le coup de Hombre....
Ecrit par : Connasseee | 05.05.2008
KEUWA ?
L'hymne canadien c'est pas "Shut your fucking face uncle fucker, you're a cock-sucking ass-licking uncle funcker (...)" ?
Ahhhh, j'adore cette chanson.
Ecrit par : Will | 05.05.2008
@ Gary : t'es tout seul dans ton cagibi ? ne me dis pas qu'en plus on t'oblige à le partager !?!
@ Connasseee : Je veux y retourner........................................... non c'est pas trop dur, juste différent et tellement bien ! soupir...
Il m'a juste foutu la honte internationale pour le hombre/nombre. Comme quoi, faut pas négliger la LV2 quand on est à l'école !
@ Will : je crois qu'Uncle fucker est l'hymne alternatif. Mais tu conviendras qu'il ferait mauvais genre aux Jeux Olympiques...
Ecrit par : Petite Cervoise | 05.05.2008
eh si... avec un stagiaire à boutons qui glande toute la journée.
Ca me fout en l'air ma journée.
Ecrit par : Gary | 05.05.2008
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