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03.02.2010
Interlude maritime
Je ne sais pas comment vous décrire cette sensation, peut être que "wahooo" ça vous mettera sur la piste.
J'ai finalement débranché, le week end dernier.
Pas juste débranché un modem, ou laissé le portable se vider de sa batterie.
En italien, on dit "staccare la spina". Une jolie expression qui veut dire débrancher un appareil mais aussi détacher l'épine, littéralement.

En fait, ça a été facile. Jeudi soir, je racontais à une amie mon week end précédent, où je voulais prendre l'air à la mer avec la Nama, mais au lieu de ça j'ai fini aux urgences à me faire codéiner le corps.
Une simple phrase "on y va samedi, si tu veux ?" et le road trip de Thelma et Louise au bout du rouleau était scellé.
Un voyage de quelques heures sur les routes normandes encore inconnues pour moi, à chanter très fort et très faux sur Bon Jovi (qui était consterné par le massacre, depuis l'autoradio) en fumant des cigarettes roses.
A l'hotel, juste le temps d'enfiler un maillot de bain pour plonger, avide, dans la piscine (couverte et chauffée, faut pas déconner).
Avide d'eau, de me sentir en apesanteur, légère, d'essayer de monter sur une bouée pour finalement me rater et faire une cabriole indigne de Muriel Hermine qui m'a assassiné les sinus.
Avide de retenir ma respiration pour aller sous l'eau, par choix.
Avide de battre des pieds très fort et d'aimer retrouver l'air à la surface.

Le soir, après un plateau de fruits de mer de sa race qui tue, casino.
De toute façons, il était à 10 mètres de l'hôtel, on était un peu obligées d'y aller.
Là, on a bien compris qui avait de la chance en amour, et qui avait de la chance au jeu.
L'une a décuplé sa mise à la boule.
L'autre est repartie avec à peine le quart de sa mise.
L'autre c'est moi, donc je demande officiellement au maharajah bonnasse qui m'aime secrètement de bien vouloir se manifester, parce que j'ai la preuve tangible de son existence, à présent.
(ou alors Michel Denisot va bientôt sonner à ma porte, nu avec un bouquet d'églantines)
Ceci dit, c'est certainement le blackjack qui m'a perdue, parce que j'ai quand même dealé pas mal de jetons entre mes mains, pendant la soirée.
La saison étant morte, les croupiers étaient particulièrement gentils avec nous. Moi qui pensais qu'ils ne pouvaient quasiment pas parler avec les joueurs... samedi soir, ils nous conseillaient, même.
Et oui, le jeu est dangereux. Surtout le djack.
Aux machines à sous, j'ai fait plein de dingdings, instant Picsou, fortune de pièces de 10 cents, échangées au poids contre des billets plus transportables (j'avais pas pris ma cariole).

Dimanche matin, réveil orgasmique avec ma vue sur la mer.
Petit déjeuner servi au lit.
Face à la mer.
Séance de contemplation, enroulées dans nos couettes comme des nems, sur le balcon, en fumant des cigarettes roses.
Face à la mer.
A se dire qu'on n'est finalement pas à plaindre et que la sérénité n'est pas si difficile à obtenir.
Alors certes, il y avait un vent très très très très froid, je n'ai pas osé mettre un dixième d'orteil dans la mer, je n'ai pas pu faire de promenade à cheval (parce que les pauvres, il doivent aussi se geler les $ouilles sabots.
Mais je suis revenue à Paris remplie d'air iodé, en chantant toujours très fort et très faux sur Bon Jovi et en fumant des cigarettes roses.
Sauf que là, c'était différent...
* Les cigarettes roses, ce sont des Pink Elephant, elles ne contiennent que du tabac nocif et de l'arôme de vanille (un peu nocif, du coup). N'allez pas croire que je me drogue au volant.
16:35 Publié dans Petite Cervoise en voyage | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : deauville, trouville, normandie, casino barrière, michel denisot nu, piscine, muriel hermine, blackjack









