03.02.2009

Tu joues à quoi ?

Les gens, il faut se rendre à l'évidence.

 


L'on parle tous de mondialisation, de disparition des frontières, mais qu'en est-il des cultures ?

Elles restent.



Et on a beau être une éternelle étrangère (comme moua), quand on a du sang italien, on ne peut jamais s'en défaire.

La réflexion m'est venue l'aut'matin, quand en allant acheter des surimis, j'ai été happée par le jouet photographié ci-dessous :

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Oui, tu as bien vu, le kit-petite fille pour faire le ménach' "COMME MAMAN".

Réaction #1 (la snob) : d'abord c'était la Madame Raquel qui faisait la propreté. Le kit "comme maman" pour moi, ce serait vernis à z'ongles + verre en cristal de Baccarat rempli de Cognac.

Réaction #2 (l'outrée) : mais tu crois que quand on est p'tite fille on a envie de devenir pareilles que notre génitrice ?

Réaction #3 (la vraie) : la vache, j'en ai eu deux au Noël 1989...




Quel rapport avec l'Italie ? le rapport se trouve dans le rôle de la femme dans la maisonnée (bruyante)...

Moi, l'on m'a toujours installée dans la cuisine "pour regarder comment on fait".

Le point positif est que je cuisine très bien aujourd'hui et peux donc prétendre épouser Michel Denisot sur le champ.

 

 

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Mais c'est depuis le plus jeune âge que l'on est conditionnées. A nous les jeux d'identification à la bobonne :

- caissière,

- cuisinière,

- maman d'un gnome qui fait que mouiller sa couche (bel entrainement),

- repasseuse (oui, j'avais un fer factice, où l'on pouvait mettre de l'eau dedans. un jour, j'y ai versé du coca, j'ai su alors que je n'étais pas faite pour ça.)

- couturière (ma première mini-machine à coud' : 1989. quand mes parents ont compris que mes petites mains pouvaient être utiles pour repriser les petits boutons et qu'en plus, ça m'occuperait).




Moi, je n'ai jamais eu le kit de docteur, le kit de vétérinaire, la malette de scientifique, le jeu de poulies à assembler ; comme les petits garçons de mon âge ou comme les petites filles normales non-italiennes de mon âges.

L'on m'a conditionnée culturellement.

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bon, ce kit de docteur, je l'ai finalement eu pour mes 22 ans...
Mais pas grâce à mes parents.



Alors quand j'allais chez mes petits copains français, j'étais comme Jacques Cartier devant un Labrador : avec des étoiles plein les pupilles.

Mais je trouvais ça normal.


En grandissant, quand mes cousins me mettaient à l'écart pour jouer aux cartes (pratique obligatoire dans le sud de la Penne-insule), j'étais vexée comme un pou.

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Pat, mon cousin.


Parce que je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas m'amuser avec eux.

Parce que je n'avais jamais pris conscience de la différence fille / garçon (à part que les garçons ont un petit robinet et les filles ont un petit chat)...


Aujourd'hui, quand je vais en Sicile, chez moi, l'on me désigne toujours la cuisine comme lieu de villégiature.

Mais le fait de vivre à l'étranger, étrangement, a presque fait de moi un homme.

Les mâles de la tribu m'acceptent parmi eux.

 

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I should be so lucky... lucky lucky...



J'ai le droit de les regarder jouer aux cartes, et même de participer au jeu, parfois.

Ca fait peur, en 2009 ?

Je sais.

 


Mais tu les changes comment, les mentalités ancestrales ?

Et surtout, a-t-on réellement envie de les changer ?

(en tout cas, si c'est pour aller arracher des troncs dans la forêt, moi je reste conservatrice)