09.10.2009

Le melon, c'est pas que dans la blogo

J'aurais bien intitulé cette note "hahahaha" mais tu n'aurais même pas cliqué, dans ton netvibes.

Par contre, on va se moquer aujourd'hui, si vous le voulez bien.


Hier soir, j'ai bravé ma trouille de rencontrer un Bogdanov du coté de la rue d'Auteuil pour aller voir la dame qui arrache les poils.

A Auteuil, les filles ne font pas mal (sauf une fois, je suis tombée sur une débutante dans ce salon et j'ai pleuré de mon épiderme).

 

dos a epiler.jpg
Gérard, 43 ans, a préféré rester anonyme de la face

 

Ce qui est sympa, chez les tortureuses, c'est que tu entends des choses intimes sur la vie de personnes que tu ne connais pas.

Mais que tu peux reconnaitre.

Ou qui aimeraient être reconnues.


Hier, dans la cabine d'à côté, il y avait une greluche fille qui parlait très -trop- fort dans son téléphone portable.

Déjà, c'est moyen pour l'esthéticienne qui est là et qui voudrait faire son travail.

La greluche, donc, parlait visiblement à son agent, et on a eu le droit à un festival de :



"non mais partir en tournage à Garches, c'est juste pas négociable"

"ah ouais mais en plus c'est le frère de XXXX qui tourne, et avec lui c'est juste pas possible quoi, en plus c'est trop loin"

"non franchement, j'ai fait les essais de costumes toute la journée, je suis épuisée"

"ah mais tu me connais, je suis pas chiante d'habitude, mais là si je te dis que c'est pas négociable, c'est que ça va vraiment pas être possible"

"oh j'en peux plus là, je vais péter un plomb, on m'en demande trop, les essais costumes étaient vraiment trop longs, quoi"

"oh je ne t'ai pas envoyé les contrats, mais je suis désolée j'ai vraiment pas eu le temps hein, mais demain matin je les mets à la poste, promis ma chérie"

"hein ? ouais ok, bon je te laisse, bisous, ouais ouais je vais me reposer"




J'aimerais que vous lisiez ces lignes avec l'accent parisien-bobo que seul Pierre Bénichou imite et caricature à la perfection, en concluant par "est-ce que vous vous rendez compte combien vous êtes ridicules en parlant comme ça ?". (c'est pour ça que j'ai mis la police Comic sans MST)

 

pierrebenichou.jpg
merci Pierre

 

 

Déjà, je lolais dans ma tête, en jetant des petits coups d'oeils à mon esthéticienne à moi, d'une part pour voir si elle faisait bien ses bandes, d'autre part pour voir si elle aussi se lolait en silence.

Elle se lolait en silence.

(et elle faisait de belles bandes de cire)




Dans la cabine d'à côté, une fois le coup de téléphone terminé, l'esthéticienne a voulu être gentille, et a demandé à mademoiselle "henn, je suis trop busy" si elle n'était pas trop fatiguée et ce qu'elle faisait dans la vie.

On avait tous compris qu'elle fait (ou veut faire) la comédiêêênn-euh, mais par politesse tout ça...

- Ah vous êtes comédienne ? et vous faites quoi comme films ? on vous a déjà vue au cinéma ?

- Non mais là j'ai pas envie d'en parler, j'ai juste envie de me détendre.


J'ai explosé de LOL intérieurement.

La fille qui finissait ma jambe gauche aussi.

Je lui ai glissé un "bon, on sait ce que ça veut dire"

Elle en a raté mes poils de cheville. Chiotte.

 

diana ile de la tentation.JPG



Il fut un temps, lors d'un diner chez un ami, j'ai rencontré un de ces "wannabe comédiêêênn-euh"

Je me suis souvenue de ces instants de rires intérieurs en me demandant si Rita, Sophia ou Meryl avaient également eu autant soif de reconaissance.

Au point de dire "ah bon, mais il y aura qui à ce diner ?", "et tu pars en vacances avec qui ?", "iiiiiiiiih mais Formentera je VEUX y aller, c'est là bas que Beigbeder va en vacances !!!"

Un seul mot, une seule préoccupation : QUI.

Le réseau 24h/24. L'espoir, le trending, la créativité autant que les boots copiées sur Scarlett ou Charlotte, les aspirations que l'on se colle comme titre sur sa carte de visite, les numéros que l'on garde "parce qu'il a des adresses", "parce qu'il connait du monde", "parce qu'il a un plan avec machin"



Dans tout ça, on attend la gloire pour se rendre compte qu'on est ridicules ?

 




Parce que c'est pas pour tout de suite, non plus...