13.06.2008
Celui qui casse du rêve
Aujourd’hui, c’est le jour de la vérité.
Ouais.
Alors ne nous leurrons pas : on a beau être au bureau, il y a pas mal de moments où on glande sévère.
D’autres où on ne sait plus où donner de la tête.
C’est mal organisé, mais c’est la vie.
Dans mon travail d’avant avant, je m’ennuyais tellement que même les blogs, ce n’était pas suffisant pour passer le temps.
Et pourtant, j’en lisais des tonnes. Même des blaugs nuls. Non, je ne linkerai pas.
Heureusement qu’ils étaient là, d’abord.
Alors, quand j’en avais assez de ne rien faire devant mon écran, je me baladais dans les couloirs, pour ne rien faire non plus, mais en marchant.
A force de rester assise, mes fesses pourraient s’aplatir.
J’ai commencé par rentabiliser mon errance, et j’ai gouté toutes les boissons de la machine à café. En une après-midi.
Je ne vous raconte pas le mal de bide que je me suis payée le soir.

C'était cette machine là, je me souviens.
Et là, ABAT-JOUR, CHOUPETTE, TÉTINE, NUIT (cf rébuscope de Violette où personne n’a voté pour moi, même pas moi à cause d’un jet lag), un beau jour ou peut être une nuit (pour ceux qui n’auraient rien compris, je sais que vous êtes nombreux), bref (on n’y comprend plus rien à cette phrase, hein, avec toutes ces parenthèses qui s’enchainent sans rapport) (tiens, je t’en remet une pour le plaisir, comme dit Herbert Leonard) (bon, je vais continuer mon propos en dessous, là on dira que c’était la partie d’expression libre, ou le vrac, si tu veux).

EDIT : que de la photo perso !
Puis, j’aperçus un beau brun distingué qui semblait travailler de par chez nous.
Je dis ça parce qu’il garait sa moto juste devant ma fenêtre, tous les matins.
Et qu’il n’y avait que lui pour me sortir de la torpeur bloguesque.
Le petit sourire auquel j’avais droit lorsque je tournais la tête… raaah.
Étant donné que mon cerveau était totalement disponible pour rêvasser, je me l’imaginais donc avec une belle voix grave, aimant le blues et le rock, possédant l’intégrale des Pink Floyd, habitant dans un grand appart avec vue sur la Seine avec des meubles design.
Il aimerait les fruits et saurait me trouver des cerises en plein mois de janvier, il passerait le dimanche matin avec moi dans le lit à ne rien faire ou à faire la chose.
Et la chose, il la ferait très bien, avec de la fougue et pas les pieds froids, et même sa sueur sentirait bon et je serais sa princesse, il m’emmènerait à l’Opéra voir des ballets, et dans des bars où on écouterait du jazz en buvant du 7 años et après il prendrait ma main, la poserait sur la sienne sans quitter la scène des yeux, juste pour sentir comment mon corps vibre avec la musique, et avec lui…
Ouais, mon homme parfait.
Jour après jour, je me faisais plus jolie, en espérant le croiser dans mon fameux couloir de la glande.
J’espérais secrètement le rebaptiser, sans le E de glande, hu hu hu.
Alors, j’ai fait ce que font toutes les filles tarées normalement constituées.
Quand je l’ai vu arriver, j’ai précipitamment quitté le bureau, avant qu’il n’ait le temps de me voir. Mes collègues ont du penser que j’avais à nouveau vidé le distributeur de café.
J’ai pris mon chaloupé le plus seyant, et, le cœur battant, j’ai visité mon couloir.
Et je l’ai croisé, devant ma machine à café.
Et je n’aurais jamais du.
Jamais.
Il était en train de se moucher.
Pas un shmmmmmmpfffhhhhhhh normal, non.
Un truc mutant entre une porte qui grince et une chasse d’eau.
Voila, mon jazzman designer qui sent bon l’eau de Cologne en toutes circonstances venait de tout briser ce que j’avais construit pour nous dans mon cerveau détraqué.
J’ai du rester bloquée un petit moment, peut être même de façon bouche bée. Ça m’arrive.
Toujours est-il qu’il a du sentir le malaise.
Il a fait demi-tour d’un coup sec et s’est dirigé à grands pas vers une aile opposée à la mienne.
Depuis cet incident, il n’a plus garé sa moto devant ma fenêtre.

Presque aussi peu sexy...
Alors j’ai quitté cette entreprise où les beaux bruns font des trucs pas normaux avec leur appendice nasal. Et surtout, parce que sans le casque de moto, il était bien moins beau.
En fait, j’ai vu qu’il n’était que brun.
Ça se trouve, lui aussi m’avait idéalisée depuis mon bureau. Il pensait peut être que j’étais grande, et que mes tiroirs faisaient partie de moi ?
Et quand il m’a vue banalement humaine, il a eu un choc.
Maybe ça explique le coup du sifflet du nez…









