11.06.2008
Petite Cervoise chez les Macaronis de Paris
Vous avez peut-être pu suivre mes premiers pas dans mon nouveau bureau, grace au blog-it express, le truc moche et jaune à gauche.
Car oui, je retravaille, j’ai un new work (avec un double vé, sinon ça fait new york, la capitale du monde, sans vouloir re-charrier un de mes groupies).
Dans la grande société pour laquelle je mets mon énergie à contribution, il y a tout plein d’italiens. Et pour une étrangère au sang penne-insulaire comme moi, ça tombe plutôt bien.
Je ne vous cacherai pas que c’est pour mes talents linguistiques étrangers que j’ai été prise, en grande partie.
Dans cette grosse boite, je me perds un peu, on a des ascenseurs, des ailes, des badges pour passer les portillons et tout.
Les gens normaux, ils pointent, comme dans Les temps modernes. Pas moi. Je suis VIP dans l’enceinte de ces murs.

Du coup, je pourrais partir à 15h que ça ne se verrait pas dans le système informatique.
Bon, j’ai mon bureau, avec des murs, tout ça, que je partage avec une collègue qui prend sa pause café toutes les 10 min. Elle les alterne avec les pauses pipi, car il faut bien drainer les capsules de nespresso.
Pour vous rassurer, j’ai réussi à faire des conneries cervoisesques dès le premier jour.
Je vous raconte, même si ça va râler dans les coins en disant qu’on parle trop de zizis et de poils ici.
Bien. Comme il m’a été dit de m’installer à mon aise, je dresse la liste des petites choses qui me manquent dans mon territoire.
Et je remarque que je n’ai rien pour classer les documents de travail de la dame qui était là avant moi. Post-it, je note qu’il me faut des grosses boites pour mes archives.
Un peu plus tard, ma collègue qui me montre tout dans l’ usine à Rigatonis, vient me voir pour être sure que tout se passe bien.
Je lui dis que j’ai fait une petite liste des fournitures dont je pourrais avoir besoin, et lui tend le post-it.
Elle fait une drôle de tête.
Style, j’ai envie de dire un truc, mais je ne sais pas comment faire ni comment tu vas le prendre car on ne se connait pas.
Elle met un doigt interrogateur sur le bout de papier rose fluo.
Je me penche.
J’avais écrit « trouver des grosses bites pour mes archives ».
Où qu’il était passé le O ? DTC ? trop fastoche.
La honte, un peu.
Rame, rame.
« Oui, tu sais les grosses boites cartonnées pour ranger les papiers…
Rame rame, il était un petit navireuuuu, il était un petit navireuuuuuuu
Parce que là, je ne sais pas quoi faire de ces dossiers, et on ne sait jamais qu’il me manque une info,
Qui n’avait ja ja ja jamais naviguééééé
Et, bon les boites c’est pratique. Oui, ça va, je sais, j’ai oublié d’écrire une lettre dans le mot ».
Ohé ohéééééééé
Elle s’est marrée gentiment et n’a rien dit.
Ça, c’est fait.
Il y a du prototype dans la nouvelle boite, aussi. Du mec marié, du marié mais qu’on dirait pas, du jeune, du vieux...
De la déception car un de mes responsables a une voix tellement sexy au téléphone. Raah avec cet accent italien fabuleux. Mais moche de visu.
Du sourire car un de mes collègues est très pas mal, par contre.
Et de toute façon, de la consternation, parce que les italiens, c’est comme le saucisson : c’est pêché.
De l’irrecupérable.
Je sais de quoi je parle.
Sur ce, m’en vais aller faire un nouveau tour d’horizon car vu que c’est une super grande entreprise, j’ai pas encore vu tout le monde. Pas même tous les golios de mon service, c’est pour dire.
Ni mon big chef.
Et ça, ça m’intéresse…









