04/03/2009

Il n'y a pas de mal, en fait

Bonjour aimée plèbe internetique,


J'ai une confession à vous faire, et je préfère vous l'asséner dès maintenant, sinon vous allez trépigner.

Si, vous trépigneriez.

 

 


Dimanche, avec Connasseee, on s'est beaucoup moquées.

muppet petits vieux.jpg
ça, c'est nous, les petits vieux du Muppet.




Au Barrio Latino, comme toujours. Cet endroit est génial pour pratiquer le moquing.

On ne rit pas des gens qui ne dansent pas très bien, non non non.



On rit des gens qui sont risibles dans leur attitude :

le frotteur de quiche (qui croit que tout est Zouk et que le Zouk est tout),

le Maykelyakson (qui fait du moonwalk-salsa),

le détraqué (celui-ci, on l'a repéré hier pour la première fois : regard hagard, expert frotteur, file aux cabinets entre chaque chanson pour se finir changer l'eau des poireaux, démarche de psychopathe).


...

 

Et on se sent vachement bien, après.


Voilà, c'est dit.

Tu peux dire que c'est pas bien de se moquer, mais c'est une activité que j'ai toujours pratiqué, dans le fond.

Je dois être une morue de nature, en fait.

jeanine morue.jpg


Au lycée, avec mes copines, nous passions nos récrés à rigoler des gens dans la cour.

On avait notre banc, celui qui laissait une vue à 180° sur l'agora fourmillante, un paquet de pépitos de Lidl (bah oui, budget lycée) et nos langues de pioutes.

Nos cibles préférées étaient les gothiques et les skateurs.
(patapé)

 

 

skate chute.jpg
wahahahahahahaha




Je me souviens d'un type, gothique ascendant sataniste, qui était toujours habillé pareil : un jogging moletonné noir ou vert kaki, l'entrejambes au niveau des genoux ; une parka motifs treillis customisé par des symboles anarchistes faits au BIC, le sac Eastpak noir customisé au tipp-ex, une casquette dans laquelle il avait planté des clous et un boulon (bouffon) et une capuche par dessus.

Eté comme hiver, même combat, même dégaine.


En plus de ça, il avait une tronche à faire peur aux moineaux.

 

 

countvoncount.jpg
j'vous jure qu'il avait EXACTEMENT c'te tête, sauf qu'il ne rigolait jamais.




Ben tu vois, j'espère sincèrement qu'aujourd'hui il aura totalement changé de louque (vu que la tête, ça va être compliqué).

Et s'il a changé de style, qu'il est bien dans sa peau et qu'il a trouvé une copine, c'est peut être grâce à nos moqueries...

 


non ?

tu crois que j'essaie de me donner bonne conscience ?

tu as peut être raison.

 

 

On se moquait aussi beaucoup des couillons qui transportaient des pierres dans leurs sacs à dos.

C'étaient des Franklin la Tortue.

Mais qu'est ce qu'ils avaient l'air triste, tous ces gamins trop studieux pour compter sur la générosité des autres...

C'était des Rémi sans Famille.


Tandis que nous, on venait avec une pochette qui contenait 4 feuilles (le reste serait à emprunter) et un BIC 4 couleurs.

Mais au final, qui est-ce qui a attrappé une scoliose ? pas moi.

franklin.gif



On se moquait aussi des caille-ra, mais pas trop fort (on est moqueuses ET fiottes).

Enfin, les blousons Teddy c'était quand même fabriqué pour rigoler, non ?

 

teddy.JPG
Yo ? nanan, pas yo.



Je ne trouve pas drôle de rire d'un type moche, ou gros, ou tout petit parce qu'il est moche, gros ou/et petit.

Ce qui est drôle, c'est le délire que tu peux bâtir autour.

Et dans ce délire, finalement, on oublie très vite la personne qui a enclenché le tout.

Ce n'est pas méchant, en fait.

 



La vraie moquerie est faite pour vexer et déprécier.

Celle-ci est faite pour ne pas penser à des choses tristes et laisser aller son imagination.

 

 


Ces deux dernières lignes s'adressaient aux personnes qui étaient au Barrio dimanche. Continuez à y aller, dansez, frottez et ne faites pas attention à nous, parce qu'au fond, nous ne faisons pas vraiment attention à vous...