01.09.2008
Le honte française, grâce à la RATP...
Bonjour et bon lundi.
Je me devais de vous parler d'un sujet un peu posé, une fois n'est pas coutume.
Non, reste, je metterai des conneries au bout de l'artic'.
Mais steuplé, lis quand même les petites lignes sérieuses qui vont suivre.
Bien.
Il est dit, un peu partout dans la presse non pornographique, que Paris et sa région ont été boudés cet été par les touristes étrangers.
Tu me connais, j'ai vu le mot "étranger", ça m'a parlé.
Et le tourisme, c'est un peu mon domaine, donc ça m'a doublement parlé.
Puis je me suis dit qu'il fallait que je vous rapporte cette anecdote, qui date justement de cet été, du samedi 12 juillet, pour être plus précise encore.

Alors que je me rendais à l'aéroport Charles De Gaulle en RER (pas de moqueries, mais le matin, bizarrement, pas beaucoup de gens sont d'accord pour vous emmener à l'aéroport...), j'ai été témoin d'une scène qui est encore gravée telle quelle dans ma mémoire.
Dans mon wagon, il y avait une étrangère, une Espagnole, et d'autres gens dont je n'ai pas cherché à connaitre la provenance AOC.
A la station précédant l'aéroport, montent derechef les controleurs.
Habillés en violet (ils font penser au Joker dans Batman).
Les contrôleurs contrôlent.
Tous les gentils usagers (GU) montrent leur petit ticket de métro aux monsieurs,
(le ticket version papier, Kevin-du-fond-de-la-classe, ne crois pas qu'on fait voir nos zigounes épilées dans les trains RATP).
Vient le tour de l'étrangère Espagnole.
Qui demande tout d'abord au controleur, dans sa langue à elle, si elle doit descendre à CDG1 ou CDG2.
"Ah j'parle pas votre langue, un peu l'anglais à la limite"
Notez déjà l'intelligence du bonhomme, qui parle en français à quelqu'un qui ne le parle pas du tout...
Elle a du comprendre qu'il s'égarait et lui repose la question en lui montrant son billet électronique.
"Ziss ize Charles de Gaulle Un, iou go daounne at ze next. Beut montrez moi yorre ticket"
"what ?"
"your ticket, le ticket de RER mademoiselle. on n'a pas que ça à faire"
Je précise que la demoiselle semblait perdue, mais avait le sourire. Ce qui n'était pas du tout le cas du controleur...
"oh yes, ok, so... let me find it"
après avoir farfouillé son sac, elle lui sort un ticket
Quand j'ai vu ce si large sourire sur la face du bonhomme en violet, j'ai compris...
toi aussi, tu vois où je veux en venir ?

"ah no, ziss ize not goude. Ziss ize ticket to Paris, là iou go to zi airport. no oké. you have tou pay 25 euros"
"what ? but this is for Paris, I go the the Airport of Paris, Aéro-port de Pa-ri-s"
"yes but no Paris, airport ize 40 kms aoutte of Paris, not goude"
"But that is what they gave to me at the station"
"no no no allez tu paies et c'est tout là"
"what ? But this is a ticket to Paris, I don't know about your organization, I have to go now to the airport thats all"
le ton commençait à monter chez la jeune ibère, qui devait en avoir marre des explications bidons de l'agent.

"eh on se calme ok ? déjà t'as qu'à parler français parce là moi je fais des efforts, alors t'as qu'à en faire aussi"
Alors, là, juste LOL quoi. Il doit y avoir un supermarché de la connerie et la RATP a acheté ce type là bas, en promo parce qu'il atteignait la DLC.
Là, j'ai plus tenu en place.
J'ai lancé à l'Espagnole, dans la langue de Cervantes :
"Oye, este cabron esta enojado porque no hablas frances, imaginate"
elle s'est mise à rire.
"oh là ça va, hein, vous, là bas, and iou ouant tou pay in cash ou alors in credite card ?"
"I won't pay ! Pay what ? I bought my ticket, I don't know about your trains, I just have to go to the airport !"
"You payer !! je vais pas y passer des heures là, et rentre dans ton pays, on sera débarrassés"
Je ne vous mens pas, ce discours exact a été prononcé dans un lieu public, dans l'enceinte d'un train de la RATP, en présence de témoins.
Dont moi.
Qui ai gueulé, évidemment.
Qui ai dit au type que ce qu'il a dit était inacceptable et raciste, que la xénophobie était répréhensible et que ce qu'il faisait était très grave et surtout très bête.
Mais la fille a dû payer pour s'en débarrasser.
Et comme le contrôleur est descendu à CDG1 comme elle et moi, une fois que j'étais en haut des escaliers, j'ai balancé le paquet vide de gateaux que j'avais en main sur le type. Et je vise bien. Et je trouve que j'ai été très correcte.
Alors, chers professionnels du tourisme parisien, vos chiffres ne m'ont guère étonnée quand on voit quel traitement est réservé aux étrangers dans la capitale.
Car franchement, qui entretiendra les bars et restaurants de St Michel sans eux ? qui paiera 3 fois le prix d'une course en Taxi "bicoze you passer by ze Champs Elysées" ? Et les taxes d'hébergement ? Et les billets pour monter sur la Tour Eiffel ? Et les cafés immondes à 8eur autour du Sacré Coeur ?
Et j'espère que ce type se retrouvera bien malgré lui, un jour, au fin fond du Kazakstan et qu'un garde-barrière lui expliquera qu'il ne peut pas rentrer chez lui sans s'acquitter d'une amende forfaitaire sur les vestes violettes.
*************
Pour le lecteur qui s'en tape, voilà en hommage à l'Espagne et à la pauvre demoiselle agressée par cet agent RATP, deux spécimens olé (pour contenter tout le monde. Si tu es excité par les taureaux ou la sangria, je veux en bien coller des images, fais ta demande dans les commentaires).
Moralité : on est bien en France, mais pas tout le temps... même quand on laisse de l'argent.


00:05 Publié dans A Paris (z'avez pas la plage?) | Lien permanent | Commentaires (74) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : RATP honteux, xénophobie en France, service public scandaleux, espagne, paz vega, javier bardem









