06.01.2010
Champêtre
La campagne, c'est flippant.
Je sais, la Perséphone vous l'a déjà dit, mais bordel, vous ne saurez jamais à quel point entendre l'écho de son silence peut être destabilisant.
Je ne dis pas, les 2 premiers jours, on a l'impression de revenir à la vie.
Plus de mails, on est en zone blanche.
Plus de téléphone, on a mis le chargeur dans un coin encore méconnu de notre valise.
Plus d'humainoïde, aucun n'est assez taré pour vivre là.

Toi, juste toi. Du vert, un peu monochrome mais tu récupères 2/10 de vision à l'oeil gauche en 16 heures de plaines et prairies. Loin des écrans, des petites choses trop importantes que la civilisation t'oblige à regarder et lire religieusement.
A la campagne, on s'en fout du nombre d'acides lactiques dans les lentilles (y'en a ?) ou de la DLC de la moutarde (98, ça rappelle les bleus, Footix, toussa).
A la campagne, tu apprends à ne rien faire, et s'il est obligatoire de faire, autant manger.
Et on mange. On sacrifie des canards sacrés. Des kakis. Des pissenlits.
Des trucs qu'on ne mange pas chez le sushi-man.
On dort.
Beaucoup.
Bien.
Trop.
Un jour, on regarde un épisode de trop d'Amour Gloire et Beauté. Parfois, le 2e signe l'overdose (vous êtes trop sensibles, les amis).

On ouvre la Dépêche du Midi, et on y apprend qu'à Lalbenque, il s'est vendu pour 175kg de truffes.
On se souvient alors qu'on n'aime pas les champignons, et qu'ici, la foule est en délire à la saison des cèpes.
Bon, la foule, c'est relatif, la natalité du Quercy n'est pas la plus funky du pays.
Et quand le voisin revient avec un bolet satan pour nous montrer "ce qu'est pas bon", on a soudain envie de se droguer.
Fort.
De fumer le bolet de l'autre type qui vit en enfer, juste pour voir.
Et oublier.
Oublier le vert, oublier les prés et retrouver St Germain.
Oublier le canard, le rien, le calme et passer de l'autre côté de la force.
Voir des couleurs, du jaune, du bleu, du rouge, Broadway*!

Il faut comprendre : pas d'internet, donc pas de porno en streaming, ni de best of de Michel Denisot sur Canal, et encore moins de Derrick pour avoir juste l'idée de boire à la mort.
Si on coupe le champignon en tranches très fines, qu'on les laisse sécher (au four, peut être pour accélerer le processus ?) puis qu'on les roule dans une page du Rustica spécial pétunias de 1995 (un exemplaire rare, mais seul papier disponible, à part la Dépêche), ça le fait ?
Juste le fait d'y penser, tu as la nausée post-trip, sans le trip. Et tu renonces à l'expérience.
Tu jettes le champignon rougeaud au compost, après tout, c'est un peu du pourri des bois, ce truc.
Tu te replonges dans Amour Gloire et Beauté, parce que Brooke n'a pas fini de se re-re-re-re-re-re marier avec Ridge.
Le 3e jour, on commence à parler aux choses. Les sapins, les chênes, les portes.
Quand on voit un animal, c'est notre meilleur copain.
Le voisin a un bourricot, et lui c'est le plus sympathique des animaux. Il converse, échange et pour ne pas me vexer dans mes théories stalino-nikosaliagasiennes, il se contente de hocher la tête. Et il broute. L'herbe.

Le 4e jour, on comprend qu'il faut sortir de là. On commence à parler avé l'asseng, vu l'intensité des rares moments d'échanges avec les autochtones.
"Bonjoureu, un paing et une chocolatineu sivoulpéy"
Je ne savais pas ce que c'était une chocolatine, il y a 3 ans.
Maintenant, je sais parler un français avec l'accent mi italien-mi cadurcien (c'est très moche).
Je suis partie au bout du 6e jour, pour faire un périple provincial, histoire de rejoindre les Murmures à Clermont. Voir des gens très couls, certes, mais surtout DES GENS.
En gros, pour faire 273 kms, j'ai fait un tour de Gaule.
vois donc la motivation.
Je suis passée par Toulouse et Lyon puis Dunkerque et Limoges, avant de rejoindre l'Auvergnie.
Du train, des avions à hélices, des dirigeables...

A présent, je ne peux plus rien voir de vert.
La tête me tourne dès que j'aperçois une feuille de salade.
Plus jamais ça, les copains, plus si longtemps.
Ou alors, seule avec le bourricot...
*Merci de relire Reiser si vous ne voyez pas de quoi que j'cause
** Ha oui, bonne année, douce et sereine à toi !
08.06.2009
Cahors, Cahors... oui ben Cahors, quoi.
Mes amis, je me suis faite avoir ce ouikend.
Je voulais participer au Chic Torphy de Pokanel, mais c'était sans compter l'appel paternel du vendredi soir...
D'abord, il faut savoir que je ne sais pas dire non à mon père. Parfois, j'arrive à le semer avec des "peut être" ou des "plus tard", mais la plupart du temps, j'évite le camp de l'opposition. En mode petite fiotte ? Eh oui.
Parce que Papa Cervoise, il l'a dans les gènes, le sens de la "proposition que tu ne pourras pas refuser"...

Vendredi, en l'occurence, il m'appelle alors que je venais de quitter le bureau et que je mourrais tranquillement en voiture, avec les glandus du vendredi soir, sur le périph'.
"T'y es où, là ? Tu seras rentrée pour 20h ?"
"euh, oui, environ, mais pourquoi ?"
"je pars dans le sud, tu viens avec moi ? . On remonte à Paris dimanche soir, toi aussi tu travailles lundi, non ?"
"............. ben c'est que je sais pas, tu peux peut être partir et on s'appelle demain ? (ou on s'envoie un mail rapidos)"
"non c'est bon, je t'attends t'en fais pas. allez, à tout à l'heure !"
Tout tient au point d'interrogation fictif, en fait. Le ? .
Que je dois apprendre à perfectionner dans mes discours professionnels, parce qu'il enroule tout le monde dans la farine...
C'est ainsi que le paternel et moi avons roulé nos Dunlop jusqu'à Cahors, où l'air est chargé de particules de magret.
D'ailleurs, heureusement qu'il y a du bon confit, qui garantit une sieste imperméable, parce qu'il n'y a pas grand chose à faire, là bas.

Mais Petit Jesus existe, et il y a eu le grand fou rire du dimanche, celui qui permet d'évacuer ton nervious belsunce breakdown, comme dirait Alexiane.
Un instant fort et fondant à la fois, comme seul le Quercy sait offrir à la vie.
J'ai nommé : le restaurant du coin.
Mais du COIN, en gras et en majuscules, c'est dire si j'insiste sur cette notion de terroir et de tradition !

Ce restaurant, qui se trouvait en bord de nationale et surtout sous la main quand notre faim eut atteint son apogée (2 minutes de plus et je bouffais les jantes alu), on aurait du s'en méfier tout de suite.
A l'accueil, il y avait le chien le plus vieux du monde. Mais le chien le plus classe du monde aussi. Le modèle Lassie, mais avec des rides et le poil blanc. Comme MAM. Mais en version chien. (j'ai pas dit chienne, ne viens pas me parler de diffamation)
Pour le service, une mini-matrone enjouée et sympathique, qui nous a tendu LE menu (on était 7, il n'y avait qu'une carte) en nous disant :
"bong, là il y a le menu de semaineu, mais je ne l'ai pas, comme on est dimancheu, autremeng il y a le menu normaleu mais je n'ai pas le poissong. Sinon il y a à la carteu, et là il faut me demander passqueu j'ai pas tout"
On a vite compris qu'il fallait prendre le menu ou se rabattre sur un crouton. Après avoir fait passer la carte (pour le geste), nous commandâmes donc le menu -à la communiste, pareil pour tous, DA-.
Pour nous faire patienter, on a eu le droit à des chips, qui devaient dater de la fête du baptème du chien de l'entrée, vu le goût et la texture.
Vint la soupe. Dans le sud-ouest, t'as toujours la soupe. Elle était bonne, on aurait su, on aurait fini les 2 soupières de 5L qu'elle nous a mis sur la table, la matronnette.
Parce que, si le reste ne faisait pas du tout honneur à la réputation gastronomique du pays, il n'a fait que nous faire remarquer le décor dans lequel le repas s'inscrivait.
Genre ?
Genre Mister Bean qui aurait emménagé chez les grands-parents des Ingalls :

Le truc au plafond, c'est une guirlande de Noël. Et remarque que c'est pas si crétin, on n'est qu'à 6 mois de la fête avec le sapin et les boules.

Et le truc au plafond, c'est toujours les guirlandes de Noël, je vous re-rappelle que ce n'est que dans 6 mois, cette affaire là !
En attendant Nowel, à ton avis, qu'est ce donc que le truc en forme de losange qui est posé sur la commode (à gauche) ?
Une dédicace de Lassie (la vraie, la seule, l'unique) pour celui ou celle qui trouve en 1er ou en 3e.
00:12 Publié dans Petite Cervoise en voyage | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cahors, sud ouest, quercy, france profonde, resto routier, penser a faire des sandwiches la prochaine fois
15.09.2008
Cahors is a very LOL city
Bonjour les lecteurs,
Tu ne le sais peut être pas, mais je ne lis pas beaucoup les blogs.
A peine si je relis le mien de temps en temps.
Bref, j'ai quand même vu, de-ci de-là que ça racontait les vacances avec de l'illustration home made en sus.
Et là, je t'ai pensé, toi le lecteur au fond de ton cabanon en bois, qui te demande kouidde des vacances cervoisesques.
Il n'y en a point vraiment eu, je te préciserai, car mon planning été fut le suivant :
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JUILLET
boulot pour de vrai
14 juillet - Break à Rome (Coïtus Interruptus avec Gladiator)
boulot pour de plus très vrai
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AOÛT
boulot pour de pas vrai - nomination aux Awards de la simulation de travail
15 août - Break à la Campagne Quercynoise
boulot pour d'un peu vrai, amorçe d'une reprise
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Et hop, honte à moi, je n'ai pas parlé de la visite à Cahors.
Parce que, pour que tu ne te méprennes pas, j'y suis née par accident.
J'avais dû sentir l'odeur du magret et du Foie Gras, c'est ce qui a un peu précipité ma sortie.
Depuis, j'y retourne de temps à autre car une partie (maline et gourmande) des Cervoise a jugé bon d'y poser ses valises.
Pour moi, c'est toujours un peu le choc, parce que ce n'est pas la campagne de chez les Ingalls, là où tu as des voisins de village.
Là où je vais, c'est la campagne de Rahan, là où tu ne cotoies que ta bite et ton couteau.
Exemple : la providence, qui m'a toujours émue, c'est la petite route communale goudronnée qui passe derrière le hameau :

Je t'assure qu'après 18h passées là bas, l'asphalte te semble très sexy.
C'est la rareté qui fait la beauté, disait Hérode (ou un autre).
Mais heureusement, pour le 15 août, nous fîmes du repas familial. Entendez par là, remplissage d'estomac de produits bons et locaux, sieste obligatoire jusqu'à l'heure du souper.
Alors que je donnais un coup de main en cuisine, j'ai pu tester l'humour du coin quand on s'attaque à la nourriture...
Très maigre, dans ce cas, l'humour du coin.
En apéro, on demandait qui qui voulait du Cointreau (pour cocktailiser, comme NicMo il fait).
Des mains se sont levées du coté des gens locaux (id est presque tout le monde sauf bibi) et les bouches correspondantes on braillé "Moiiiii"
C'est à cet instant que j'ai tenté la subtilité alcoolisée youplaboum :
"Ah du Cointreau, Coin-trop n'en faut !"
Regards noirs dans l'assistance.
Autant la blague était pourrie, je vous l'accorde, mais je mettais surtout en péril leur niveau de consommation d'apéro... Pêché !
"Allez, mets la un peu en veilleuse, cong' "
Les gens de Cahors n'ont pas d'humour :

Car c'est bien le sac à pain qu'ils m'ont foutu sur la tête. Et pas que la tête, comme vous pouvez le constater.
Et je te jure que ce n'est pas facile de se sortir de là, surtout quand la farine s'immice entre tes cils marcaratés.
En y repensant bien, ils sont super hypes en fait à Cahors parce qu'ils ont fait de la photo de blogofille de folie, avec un accessoire dignement basique :

chui sûre que mes pieds étaient rentrés en canard inversé... mais ils sont hors cadre.
Tu peux te moquer de la décoration rustique, ce n'est pas la mienne.
Tu peux te moquer de la poubelle bleue, qui a encore l'étiquette code-barre collée dessus (au cas où on peut la rapporter chez l'Intermarché de Regourd), c'est pas la mienne.
Tu peux de moquer du balai et des autres cochonneries qui s'entassent sur le côté, ce ne sont pas les miens.
MAIS
MAIS
Tu noteras bien sur ton calepin citadin que même dans un hameau perdu au delà des limites de la civilisation, on trie les déchets recyclables.
Et ouais, on protège la planète, chez les troglodytes.
00:05 Publié dans Petite Cervoise en voyage | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cahors, le lot, vivre à la campagne, bondage de boulangerie, vulves, minou lisse, quercy









