21.04.2009
Surréaliste
Hier lundi, j'ai vécu la journée de Salvador Dali :
J'avais envie de déjeuner seule, pour penser un peu à 2-3 choses qui trottent dans ma tête en ce moment.
A ma droite, un groupe de 6 personnes faisaient une mini réunion improvisée, sortant leurs powerpoints imprimés et bavassant CA, marge et implantations.
Ca se tatait pour savoir si le make-up Shu Uemura allait bien se vendre et s'il fallait passer par la case "opération événementielle" pour être dans le coup.
Sextet (?) étrange :
3 dames à la chirurgie esthétique plus qu'apparente, makeuppées comme des poules de Dubaï et au gloussement faussement joyeux.
3 messieurs à la cravate flashy pour démontrer un esprit jeune et alerte, dynamique et moteur décisionnel du travail en groupe. Oui, à Paris tu t'habilles aussi selon ton CV.

J'ai tourné l'oreille sur ma gauche, cherchant une conversation plus rigolote pour détendre mes tympans.
Trio d'adolescentes mangeant une glace. 13 ans au maximum. Et une question lancée avec l'énergie et la passion de cet âge : "vous avez vu Plus Belle la Vie, hier ?"
J'ai bu mon milk-shake très rapidement, en priant pour que la fraise me monte au cerveau.
J'avais l'étrange impression d'être dans un blog. Dans certains blogs. Mais qui parlent. Qui commentent. Qui vivent.
Quand les pubères ont commencé à parler de bagues et d'appareils dentaires avec ou sans fils, j'ai abandonné et suis partie.
En me levant, j'ai vu que l'une des wannabe barbie remettait sa perruque en place.
Oui, sa perruque. Par dessus ses sourcils liftés, son nez modifié, sa bouche collagénisée et ses seins silliconés.
J'ai pensé aux oiseaux, à la mer, à la forêt, la nature quoi...

Un coup de fil débile plus tard, alors que je marchais vers le bureau (dans les quartiers chics de Paris), j'ai assisté à l'une des scènes les plus étranges de ma vie.
Une femme marchait en ma direction, cheveux au vent, blonde platine décolorée, l'air très sur d'elle, lunettes de soleil sur le nez, pantalon noir, débardeur couleur chair.
Débardeur couleur chair.
Débardeur couleur chair.
Non, elle n'avait pas de débardeur.
Elle était topless, en plein Paris, à 14h, dans une rue passante.
Le temps de réaliser, j'avais déjà traversé le passage piéton. Mais suis restée bloquée sur place.
J'ai pensé à un article lu vendredi, sur la secte Raelienne et les journées seins nus organisées par ses membres.
A peine le temps de resituer cette info dans son contexte, que trois personnes sont venus la voir. 2 hommes et une femme.
Lui ont apparemment dit de se rhabiller.
Lui ont apparemment ordonné de se rhabiller.
Elle leur a crié de la lacher, avant de donner de grands coups de pieds en l'air, comme Uma Thurman dans Kill Bill.
Un de ces hommes a préféré imiter Chuck Norris et l'a immobilisée par terre. Elle n'a plus bougé mais je la voyais parler.

La femme qui était avec eux a enlevé le blouson qu'elle portait pour couvrir la poitrine de cette dame, avant de sortir un talkie walkie et de s'adresser à un central planqué dans je-ne-sais-quel-hall-d'immeuble-haussmanien.
C'étaient des policiers en civil.
Va savoir qui les a informés.
Je n'avais plus envie de regarder et encore moins la force d'aller voir.
Les badauds libidineux ou pas et les déjeuneurs en terrasse s'en chargeaient très bien.
Etrange.
En fait, les RG sont partout ?
Je vais guetter les faits divers du quartier et vous tiens au courant...
00:05 Publié dans A Paris (z'avez pas la plage?) | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : topless, blogueuse seins, seins nu dans la rue, exhib dans la rue, cicciolina, shu uemura, dali









