15.07.2009
Et sinon, Silvio...
Je n'ai pas posté depuis quelques jours, tu m'excuseras mais j'avais pont.
J'avais famille aussi, les Siciliens qui ont débarqué et qui sont (enfin) partis en fin de pont.
L'effet sur mon cerveau suite à leur passage est comparable à l'état d'un épileptique après un concert de I Muvrini.
Il y a quelques coutumes que tout penne-insulaire conserve avec lui, où qu'il aille dans le monde. Même chez moi.
Les femmes, ça se met dans la cuisine. Dès le petit déj. Après, ça lave les tasses. Ensuite, ça prépare le déjeuner. Puis ça lave les assiettes. Suite à quoi ça cuisine le dîner. Pour finir par laver encore des assiettes.
On suce, également (mais pas dans la cuisine).
On est des femmes parfaites, en Italie.
Mais on sent la viande et le basilic toute notre vie.

L'autre soir, avec toute la famille, nous sommes allés au restaurant (avec les gamins, oui je veux bien une médaille).
J'ai été choquée.
Par ma mère.
Maman Cervoise a été une jolie fille, avec plein de cheveux noirs bouclés et la taille plus fine qu'une bougie. Elle était la reine de la night dans les années 70, à la pointe de la mode flashy et mini ; par contre on ne dira rien sur le LSD à l'époque de Mellow Yellow c'est pardonné.

Maman Cervoise, aujourd'hui, a presque 60 balais mais n'arrive pas à accepter son âge.
Son modèle, c'est plutôt Rihanna que Catherine Deneuve.
A presque 60 ans.
M'man a donc voulu se faire belle pour aller au restaurant de Paris et se prendre pour une héroïne de la Dolce Vita. Mais habillée en Rihanna.
Elle a commencé par mettre plein de parfum, pour enlever l'odeur des cannelloni.
Elle a mis du noir sur ses yeux, du rose sur les joues.
Et de la robe =>

"Faster Pussycat Kill Kill !"
On dit qu'il ne faut jamais avoir honte de ses parents parce qu'ils nous aiment et qu'on les aime, mais quand même quoi.
J'ai donc choisi de marcher à 20 mètres de distance.
A part ça, je n'avais pas honte.
On est partis dans un coin de Paris où je ne connais personne.
A part ça, je n'avais pas honte.
Je me suis occupée des gosses, 20 mètres devant.
A part ça, je n'avais pas honte.
Quand hier, tout le monde est reparti en Sicilie, j'ai enfin pu respirer un peu. Pouvoir se promener à poil chez soi, il n'y a rien de mieux.
Ce matin, je vais quand même me rhabiller pour aller au bureau.
Et vous, vous vous rhabillez ou vous restez tout nus en vacances ?
00:05 Publié dans A Paris (z'avez pas la plage?) | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sicile, paris, coutumes, italienne, famille, michel denisot nu, berlusconi nu
06.07.2009
Je suis formidable, en fait
'ngiorno a tutti,
(ça veut dire "b'jour tout le monde" en italien)
Je suis K.O.
J'ai passé le wikend en Sicile par procuration sauf que la sieste réparatrice en bord de mer, je ne l'ai pas eue.

Ma famille a donc établi son camp d'été chez moi, le wikend dernier.
Pour que ce soit plus rigolo, il y a des enfants qui font partie du voyage. En Italie, les enfants sont rois. Surtout les garçons.
Et là, les enfants sont en l'occurence 2 petits garçons, Enzo et Nico. 4 et 6 ans. L'âge où ça gigote partout.
Les mômes ont un bon feeling avec moi, de manière générale. Et j'avoue que je m'amuse bien -dans une certaine limite de temps- avec eux.
On le sait, les gosses posent tout le temps des questions. Sur tout et n'importe quoi. Surtout n'importe quoi.
Et j'adapte le niveau des réponses. Après tout, les vrais trucs ils les apprendront à l'école.
Et un garçonnet italien (maître de la demeure, donc), c'est une véritable usine à questions qui fait les trois 8 sans pause café syndicale.
Florilège du wikend :
- Enzo : Tata PC, pourquoi la Seine ?
- Tata PC (c'est moi) : Parce que le Roi qui l'a inventée il s'appellait Mr Seine.
- Enzo : Mais comment il l'a inventée ?
- Tata PC : il a pris de grandes pelles et des ouvriers et ils ont tous creusé un grand fossé puis rempli d'eau.
- Enzo : waaaaaaaou
(j'adore faire rêver)
- Nico : Tata PC, on va voir la Tour Eiffel ?
- Tata PC (c'est toujours moi) : mon coeur, elle est là devant toi la Tour Eiffel
- Nico : ah mais elle est plus grande que moi !
- Tata PC : ben oui
- Nico : elle est plus grande que toi aussi
- Tata PC : ben oui
- Nico : elle est plus grande que le ciel aussi ?
- Tata PC : un tout petit peu, oui.
- Nico : et Jésus il la voit la Tour Eiffel ?
- Tata PC : bien sûr, la Tour Eiffel c'est son antenne télé
- Nico : et il regarde Spiderman avec l'antenne de la Tour Eiffel ?
- Tata PC : évidemment, avec Saint Pierre après le goûter.
(je ferai un mot à son professeur de religion, le moment venu)
- Enzo : Mais qui c'est qui vivait dans le chateau de Versailles, Tata PC ?
- Tata PC (encore moi, mais presque morte) : C'était Louis XVI
- Enzo : et cette statue, là, c'est la reine ?
- Tata PC (dubitative, est-ce que Marie-Antoinette posait nue avec un petit drap couvrant son frifri ?) : euh oui
- Enzo : c'est cette reine là qui a été tuée ?
- Tata PC (impressionnée par la culture du gamin) : oui, c'est elle
- Enzo : et pourquoi on l'a tuée ?
- Tata PC : parce qu'elle est devenue méchante, et tous les gens qui travaillaient pour elle étaient maltraités. Alors ils en ont eu marre et ils l'ont tuée
- Enzo : et comment ils l'ont tuée ?
- Tata PC (note pour plus tard : comment épargner des détails historiques sordides à un petiot innocent ?) : on ne sait pas on l'a vue partir un jour dans le ciel pissétou.
- Enzo : elle est partie avec Dieu, c'est ça ?
- Tata PC : ouais c'est ça
- Enzo : mais vu que tu sais tellement de choses sur la reine, tu l'as bien connue, pas vrai ?
- Tata PC (qui vient de se prendre 220 ans dans les dents) : eeeeuuuuuh non pas trop en fait, on était pas copines.
Je vous en colle d'autres plus tard, là il faut que j'aille changer ma perfusion de café.
Douleur, douleur...
10:49 Publié dans Petite Cervoise en voyage | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sicile, famille, italienne, enfants, questions, michel denisot nu, ariane massenet nue
03.07.2009
Le débarquement
Quand les anglais débarquent, on sait ce que ça donne (surtout sur un pantalon blanc).
Quand les siciliens débarquent, on sait moins bien quel sera le résultat...
Ce week-end, ma dolce famiglia made in Sicilia envahit Paris (ok, chez moi surtout) et ce, pour une durée un peu indéterminée...
Sachant que tout le monde s'appelle Enzo ou Rosa, on va beaucoup beaucoup s'amuser pour savoir QUI aura taché la moquette, QUI aura vidé la bouteille d'Amaretto, QUI aura laissé trainer trop de petites coupures dans ses valises...
Si vous n'avez pas de nouvelles de moua d'ici mardi, vous pouvez mettre Interpol sur le coup ? (sachant que ma famille entière dormait dans les années 80-90, il y a prescription pour le reste)
Grazie.
09:41 Publié dans A Paris (z'avez pas la plage?) | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sicile, sicilien, italiens, paris, arrivée, ciao, caponata
03.02.2009
Tu joues à quoi ?
Les gens, il faut se rendre à l'évidence.
L'on parle tous de mondialisation, de disparition des frontières, mais qu'en est-il des cultures ?
Elles restent.
Et on a beau être une éternelle étrangère (comme moua), quand on a du sang italien, on ne peut jamais s'en défaire.
La réflexion m'est venue l'aut'matin, quand en allant acheter des surimis, j'ai été happée par le jouet photographié ci-dessous :
Oui, tu as bien vu, le kit-petite fille pour faire le ménach' "COMME MAMAN".
Réaction #1 (la snob) : d'abord c'était la Madame Raquel qui faisait la propreté. Le kit "comme maman" pour moi, ce serait vernis à z'ongles + verre en cristal de Baccarat rempli de Cognac.
Réaction #2 (l'outrée) : mais tu crois que quand on est p'tite fille on a envie de devenir pareilles que notre génitrice ?
Réaction #3 (la vraie) : la vache, j'en ai eu deux au Noël 1989...
Quel rapport avec l'Italie ? le rapport se trouve dans le rôle de la femme dans la maisonnée (bruyante)...
Moi, l'on m'a toujours installée dans la cuisine "pour regarder comment on fait".
Le point positif est que je cuisine très bien aujourd'hui et peux donc prétendre épouser Michel Denisot sur le champ.

Mais c'est depuis le plus jeune âge que l'on est conditionnées. A nous les jeux d'identification à la bobonne :
- caissière,
- cuisinière,
- maman d'un gnome qui fait que mouiller sa couche (bel entrainement),
- repasseuse (oui, j'avais un fer factice, où l'on pouvait mettre de l'eau dedans. un jour, j'y ai versé du coca, j'ai su alors que je n'étais pas faite pour ça.)
- couturière (ma première mini-machine à coud' : 1989. quand mes parents ont compris que mes petites mains pouvaient être utiles pour repriser les petits boutons et qu'en plus, ça m'occuperait).
Moi, je n'ai jamais eu le kit de docteur, le kit de vétérinaire, la malette de scientifique, le jeu de poulies à assembler ; comme les petits garçons de mon âge ou comme les petites filles normales non-italiennes de mon âges.
L'on m'a conditionnée culturellement.

Alors quand j'allais chez mes petits copains français, j'étais comme Jacques Cartier devant un Labrador : avec des étoiles plein les pupilles.
Mais je trouvais ça normal.
En grandissant, quand mes cousins me mettaient à l'écart pour jouer aux cartes (pratique obligatoire dans le sud de la Penne-insule), j'étais vexée comme un pou.

Parce que je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas m'amuser avec eux.
Parce que je n'avais jamais pris conscience de la différence fille / garçon (à part que les garçons ont un petit robinet et les filles ont un petit chat)...
Aujourd'hui, quand je vais en Sicile, chez moi, l'on me désigne toujours la cuisine comme lieu de villégiature.
Mais le fait de vivre à l'étranger, étrangement, a presque fait de moi un homme.
Les mâles de la tribu m'acceptent parmi eux.

J'ai le droit de les regarder jouer aux cartes, et même de participer au jeu, parfois.
Ca fait peur, en 2009 ?
Je sais.
Mais tu les changes comment, les mentalités ancestrales ?
Et surtout, a-t-on réellement envie de les changer ?
(en tout cas, si c'est pour aller arracher des troncs dans la forêt, moi je reste conservatrice)
00:05 Publié dans Poils et Psychologie | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michel denisot nu, épouser michel denisot, sicile, jouets, italie, machisme, méditerranée









