10.11.2008

L'avis du dessous

Bonjour et bonne semaine, la plèbotte !

Enfin, je profite du manque de disponibilité de Petite Cervoise pour monter au créneau et m’exprimer, moi aussi sur le ouèbbe intermondial.

Oui, moi, la petite culotte de la propriétaire du blog.



Je ne suis évidemment pas la seule élue au titre de petite culotte de la Divina, mais moi je suis sa préférée. Petite Cervoise ne montre jamais son visage ici, mais moi, je veux montrer ma face non cachée au monde qui m’entoure :

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Oui, extasie toi, je suis belle.


J’imagine que vous êtes nombreux à envier mes fonctions honorables, et je vous comprends. Ma proximité aussi directe qu’intime avec votre idole est, il faut le dire, une bénédiction de tous les Saints de ce monde, et je loue le jour où elle me choisit dans le rayon lingerie du Bon Marché.


Mais je me dois de rompre le mythe de félicité que vous m’attribuez tous.
Approchez, manants et gentes dames, que je vous conte :


Car le coté noir de mon existence (ironique comme expression, vu ma couleur de dentelle) est celui où, fatiguée et éreintée, j’attends le jour de lessive

Roulée en position fœtale, je patiente dans l’angoisse, la peur. L’obscurité règne dans le tambour de la Candy. Je ne me sens pas bien. Pas un bruit. Un silence universel. Le temps semble suspendu dans ce lieu qui connait l’apocalyptique programme synthétique avec essorage à 3000 tours. Je suis planquée entre un pantalon et un t-shirt.

Noirs.

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non, pas cette Candy là...


Nous ne sommes jamais mélangés pas avec les autres.

Peur que nous transmettions nos pigments foncés à nos frères blancs, jaunes, roses… Peur que notre identité ne découle sur eux. Peur de notre métissage qui nous condamnerait à nous voir relégués  à la considération la plus basse de notre peuple.

J’ose à peine prononcer ce mot. Vous voyez pourtant de quoi je veux parler, être celle que l’on ne choisit qu’une semaine par mois, pour être la chair à canon de cette guerre sanglante livrée à intervalle régulier… Notre hantise, qui peut pourtant survenir à chaque passage dans le tambour.


Personne n’est à l’abri d’une erreur de température de l’eau. Les légendes de tiroirs sont tenaces. Certaines d’entre nous ont pourtant siégé au sommet de notre art durant des mois avant de connaitre la déchéance.

Nous affrontons donc nos frayeurs, soudés, immobiles, impatients de retrouver celle que nous aimons tant mais qui nous fait tant souffrir. Faut-il que nous soyons masochistes pour aduler cette Cruelle Cerveza ?


Le jour de notre purification, nous sommes toujours entre textiles noirs. Notre Divina fait pression sur les lois de l'Ariel.

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Je serre les dents pendant le cycle d’essorage. J’ai peur. Je repense à tous ces bons moments vécus auprès de celle pour qui je vis...

 

Je me souviens de ces soirs où j’ai été retirée par des mains étrangères. Espagnoles, je crois. La dernière fois, ce n’étaient plus celles auxquelles j’avais été présentée, mais j’ai reconnu une prise en main toujours ibérique. Petite Cervoise est incorrigible.


Je me souviens de ce soir d’enterrement de vie de jeune fille en Caraïbie. Où je me suis offert la folie de saluer le monde, lorsque Petite Cervoise a effectué un plongeon olympique dans la voiture de son meilleur ami. Mais une main de censure vénézuélienne n’a pas tardé à rabattre le tissu de la robe qui me recouvrait, pour ne pas compromettre ma propriétaire.


Je me souviens de ce matin Caribéen où, parmi mes concitoyennes, Petite Cervoise me choisit en pensant « j’vais mettre celle là, je vais surement niquer tout à l’heure » « celle-ci saura me glorifier dans mes moments les plus privés ».



Puis, nous sommes réunis, tels des fruits étranges suspendus aux branches du séchoir. Nous attendons d’être considérés comme portables. L’attente peut être longue. Inconfortable. Dans ces moments, mes sentiments de haine me rongent et m’assèchent de toutes mes larmes.

 

 

Mais Divina reste Divina et Cervoise reste Cervoise.

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Nous nous retrouvons bien vite, mes frères noirs et moi, mélangés à tous nos frères blancs, jaunes, verts, violets, rouges, roses et bleus, dans le tiroir des merveilles. Mixés, brassés, traités sur un pied d’égalité.

Oui, nous pouvons vivre tous ensemble.
Oui, nous pouvons nous aimer.
Oui, nous pouvons vivre avec un idéal commun, celui de ravir notre Divine.


Car nous ne perdrons jamais la Foi. Car la Soupline fraicheur lavande est notre Pain Béni. Car le regard Ibérique embué est notre Agneau Pascal (Légitimus).



Par contre, quelqu’un peut m’expliquer qui est ce Michel Denisot qui provoque des émotions tropicales chez notre Petite Cervoise bien aimée ?

 



Merci pour votre attention,

L’autre P.C., Petite Culotte.