30.05.2008
Lost in Mougins
Je vis dangereusement, je ne sais pas si vous étiez au courant.
Personne ne me croit, et pourtant, je me retrouve souvent dans des situations dans lesquelles je ne devrais pas me trouver.
Par exemple, je ne devrais pas être, en ce moment précis en train de blogguer depuis chez moi en RP, mais dans les Caraïbes, devant un bon ceviche.
Le dernier cas en date était à Cannes, juste avant de revenir dans le nord parigot.
Que je vous resitue le contexte : un appartement en bord de mer, à Cannes, fut loué par deux charmantes parisiennes, Cervoise et Déborah.
Les locations, en France et en Navarre, se font du samedi au samedi, c'est bien connu. D'où croyez-vous que viennent tous les embouteillages sur les autoroutes à ce moment précis de la semaine ? Pour ne pas rater Ruquier sur France 2 ? Pour se lever en forme le dimanche matin et aller à la Messe ? Point du tout. C'est parce qu'on est foutus à la porte. Qu'on se le dise.
Cervoise et Déborah ont des amis qui viennent de l'Inde lointaine, qui les ont invitées à passer les 2 dernières nuits festivalesques dans leur maison de Mougins.
Oui, il faut aussi visiter les terres, l'arrière-pays, tout ça...

La Micra over pleine, elles prirent tout de même le temps de se restaurer en compagnie d'autres copains de la France de pas loin parce qu'on y est déjà.
C'est alors que l'un d'entre eux annonça qu'il pouvait certainement avoir des places supplémentaires pour la projection du soir, et que ce serait sympathique d'y aller todos juntos. un peu de langue étrangère s'il vous plait.
Relativement fatiguées complètement nazes depuis leur soirée de débauche de la veille à cause des valises lourdes à transporter, elles trouvèrent une place de parking non loin de l'hôtel où dormait l'un de leurs amis.
Elles trouvèrent que c'était une bonne idée de se mettre à cet endroit, car elles pourraient ensuite revétir leurs habits de lumière dans la chambre au lieu de squatter des vécés de bar.
Déborah, au volant, fit un beau créneau. Puis Cervoise et Playmo (qui est un copain super gentil qui a une coupe de Playmobil) descendirent de la voiture pour chercher leurs affaires dans le coffre.
Car Playmo partageait l'appartement de bord de mer avec les deux héroïnes.
Déborah les rejoint, les clés à la main, afin de chercher sa robe.
C'est à ce moment que la question existentielle se posa : Elles sont où les clés ?
Fouillons le coffre plein à ras bord : rien.
Regardons entre les sacs : rien.
Regardons sous la voiture : rien.
D'où qu'elles étaient passées ces clés, alors que les valises avaient juste été entrouvertes ?
La tension artérielle monta d'un cran.
Fouillons les sacs à main : rien.
Sortons les valises et les sacs du coffre : rien.
Vidons le coffre en pleine rue : rien.
Playmo s'en fut s'habiller car il était attendu en bas des marches.
Explorons les moindres recoins du coffre : rien.
Ouvrons nos valises, et vérifions fringue par fringue : rien.
Regardons même dans nos trousses de toilette fermées au cas où les clés seraient vivantes et auraient sauté dedans : rien.
Playmo vint au nouvelles, et Cervoise lui conseilla de filer vers le Palais pour qu'au moins un membre de l'équipe des bras cassés puisse voir le film.
Soulevons la moquette du coffre pour voir la roue de secours : rien.
Bougeons les sièges, la banquette, le guidon : rien.
Mettons-nous à 4 pattes sur le trottoir pour vérifier sous les autres voitures : rien.
...
2 fois qu'on a vidé nos valises, culottes apparentes en pleine rue, pour être sûres qu'elles n'aient pas glissé.
Au milieu de cette agitation, un monsieur tout bizarre vient nous voir en nous demandant s'il pouvait regarder sous notre voiture s'il n'y avait pas son porte-monnaie, car il venait de disparaitre.
Tant de mystère nous a cogné contre la paroi de l'évidence : on nous a tiré les clés de la Micra.
En plein jour.
En pleine rue animée.
Devant nous 4 (Playmo a un copain fabuleux aussi, qui dort avec ses cigarettes sous l'oreiller).
Scandaleux.
Après quelques coups de fils, nous avisons une dépanneuse qui nous traine jusqu'à Mougins.
Super, le voyage en dépanneuse. J'avais des sandwiches chauds que j'avais acheté histoire de ne pas flancher après tant d'émotions.
Le type du dépannage m'a bluffée de par son maniement du volant et de sa remorque. Déborah m'a fait remarquer que c'était son métier, après tout. Déborah adore casser du rève.
Le monsieur avait un GPS, mais ne voulait pas l'allumer afin de trouver notre chemin. Il a dit qu'à force, on a les neurones qui écoutent le vent avec ces trucs là.
Tout plein de sagesse, décidemment.
Dans la cabine, je lui demande, par politesse, s'il veut un peu de potatoes que l'on m'avait servi avec ma pita au poulet. Il me répond "non merci, j'ai un chewingum".
???
Mettons ceci sur le compte du traumatisme de l'arrière pays, si vous le voulez bien.
Puis, j'essaie de mettre une conversation en route (ha ha), sinon j'allais pleurer.
- Y a t'il un casino, à Mougins ?
- Heeeinnnnnn ? ah ben non hein ou alors chai pas. ou sinon un supermarché Casino, ouais
Le heeeinnnnn est 100% authentique. et cette phrase dite en mastiquant bruyamment un malabar banane est encore plus classe. Et après, on se demande pourquoi je ne suis toujours pas mariée ? Avec ces spécimens que je rencontre ?

NDLR : je croyais vraiment qu'il y avait un vrai casino où tu joues des sous, à Mougins.
Nous avons fini par trouver la villa de nos amis indiens, le monsieur au chewingum nous a parqué la Micra dedans et est parti vers d'autres horizons.
Et si je n'avais pas eu ce coup d'éclair de génie pendant que nous agonisions en attendant notre chevalier et son gyrophare, nous serions toujours rue Notre Dame en train de pleurer.
Dali, la pro du millefeuilles, qui habite à Cannes, était à Paris ce WE pour montrer à ses disciples comment avoir un teint fabuleux.
Et Dali, elle a été fabuleuse car elle nous a ramené le double des clés de la Micra, qui étaient à Paris.
Même qu'on a pris un bus depuis Mougins pour aller à la gare de Cannes. Et qu'au retour, on a marché 20 min en bord de nationale, en escarpins et en tailleur, mais avec le précieux sésame pour repartir.
Ouf de soulagement.
Mais pas que.
Je me demande si on a pas été maraboutées.
Le coffre.
Le fameux coffre.
Il ne s'ouvrait plus.
...
Après une pastilla et un tajine à la Menthe Douce de Mougins, passage obligé par le garage où un gentil monsieur au sourire ravageur a débloqué ça en 10 secondes. Et a bien sûr ajouté que c'était utile, un homme.
Qui a dit le contraire ?
Épuisées mais ravies, nous avons enfin commencé notre route vers la capitale, où nous sommes arrivées après être passées sous un déluge biblique en Bourgogne.

Nous avons ainsi expié nos péchés et nos excès lors du festival, que je vous raconterai ici très prochainement.
PS : La Menthe Douce, à Mougins, est un restaurant fabuleux, jolie déco certes, mais les plats sont encore mieux ! Testé pour vous : la pastilla et le tajine de poulet + hors d'oeuvre (et thé à la menthe, mais ça c'est bon partout).
Nous nous sommes régalées...
Bonus : la programmation musicale.









